Prenez mon sang ;prenez mon suaire et ma dépouille!

Publié le par association afrika

Prenez mon sang, prenez mon suaire!Prenez mon sang, prenez mon suaire et ma dépouille...
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Death Poem by Jumah al Dossari


"Prenez mon sang, prenez mon suaire et ma du00e9pouille, prenez des photos de mon corps dans sa tombe, esseulu00e9...
Envoyez-les au monde, aux juges, aux hommes de conscience, aux hommes de principe et aux justes...
Et laissez-les porter, aux yeux du monde, le fardeau coupable d'une u00e2me innocente"

Un recueil de pou00e8mes, publiu00e9 en aou00fbt aux Etats-Unis, donne la parole aux du00e9tenus de Guantanamo qui ont transmis u00e0 leurs avocats leurs textes parfois u00e9crits avec de la pu00e2te u00e0 dentifrice ou gravu00e9s sur des couvercles de tasses en plastique.
"Poems from Guantanamo. The Detainees Speak" (Pou00e8mes de Guantanamo. Les du00e9tenus parlent) rassemble sur 84 pages 22 textes u00e9crits par 17 prisonniers. Quatre ou cinq ont u00e9tu00e9 libu00e9ru00e9s depuis, mais les autres font encore partie des 375 du00e9tenus du camp de Guantanamo ouvert sur une base navale amu00e9ricaine u00e0 Cuba dans les mois qui ont suivi les attentats du 11 septembre 2001. La plupart sont retenus depuis plus de cinq ans sans inculpation ni jugement.

Le recueil, u00e9ditu00e9 par les presses universitaires d'Iowa (centre), a pu voir le jour gru00e2ce u00e0 un avocat Marc Falkoff et tous les textes, u00e9crits en arabe et traduits par des traducteurs accru00e9ditu00e9s aupru00e8s du ministu00e8re amu00e9ricain de la Du00e9fense, ont u00e9tu00e9 "du00e9classifiu00e9s" par le Pentagone.

C'est en commenu00e7ant u00e0 recevoir des pou00e8mes de ses clients que M. Falkoff, qui du00e9fend des du00e9tenus yu00e9mu00e9nites u00e0 Guantanamo, a eu l'idu00e9e de les publier. Il s'est rendu compte que d'autres avocats u00e9galement recevaient de tels pou00e8mes.

Tous les textes sortant de la base sont a priori considu00e9ru00e9s comme des menaces potentielles u00e0 la su00e9curitu00e9 et doivent u00eatre analysu00e9s par les services du Pentagone qui choisissent de les retenir ou de les "du00e9classifiu00e9s" en les remettant aux avocats.

Durant la premiu00e8re annu00e9e de du00e9tention, lorsque les prisonniers n'u00e9taient pas autorisu00e9s u00e0 avoir de papier ni de crayon, certains de ces pou00e8mes ont u00e9tu00e9 u00e9crits avec de la pu00e2te u00e0 dentifrice ou gravu00e9s sur des couvercles de tasses en plastique u00e0 l'aide de cailloux, a racontu00e9 Marc Falkoff u00e0 l'AFP.

Les auteurs, qui pour la plupart n'ont jamais u00e9crit de pou00e9sie avant, sont Saoudiens, Yu00e9mu00e9nites, Britanniques, Pakistanais.

"Aucun de ces textes n'a u00e9tu00e9 u00e9crit dans le but d'u00eatre publiu00e9 dans ce volume. La plupart des du00e9tenus s'interrogent sur leur situation, sur la justice, confient leur du00e9sillusion de l'Amu00e9rique, parfois leur colu00e8re et surtout la nostalgie qu'ils ressentent", explique l'avocat qui s'est rendu une dizaine de fois u00e0 Guantanamo.

"Amu00e9rique, tu caracoles sur le dos d'orphelins/ Et tu les terrorises chaque jour./ Bush, fais attention./ Le monde reconnau00eet en toi le menteur arrogant", u00e9crit Sami al-Haj, un ancien camu00e9raman de la chau00eene d'information arabe, Al-Jazira, encore du00e9tenu.

"Prenez mon sang, prenez mon suaire et ma du00e9pouille, prenez des photos de mon corps dans sa tombe, esseulu00e9,/Envoyez-les au monde, aux juges, aux hommes de conscience, aux hommes de principe et aux justes,/Et laissez-les porter, aux yeux du monde, le fardeau coupable d'une u00e2me innocente", u00e9crit de son cu00f4tu00e9 Jumah al Dossari, 33 ans, du00e9tenu u00e0 Guantanamo depuis cinq ans, qui a tentu00e9 de se suicider en prison douze fois.

"Il y a deux moyens de faire entendre ce qui se passe u00e0 Guantanamo", ru00e9sume Marc Falkoff. "Avoir un procu00e8s public, ce qui jusqu'ici a u00e9tu00e9 refusu00e9 u00e0 mes clients. Ou publier ces textes, afin que le public puisse entendre la voix des du00e9tenus", ajoute-t-il.

Le recueil de pou00e8mes a u00e9tu00e9 tiru00e9 u00e0 5.000 exemplaires. "Nous avons pensu00e9 que c'u00e9tait un livre tru00e8s important u00e0 publier", a indiquu00e9 Allison Thomas, porte-parole de University of Iowa Press.

"Nous sommes exactement dans le ru00f4le de toutes presses universitaires, qui est de soutenir des idu00e9es engagu00e9es et de contribuer u00e0 porter u00e0 la connaissance du public l'information dont du00e9pend la du00e9mocratie", a-t-elle ajoutu00e9.

Les profits du livre iront u00e0 un centre de du00e9fense des droits des du00e9tenus, le Center for Constitutional Rights, a pru00e9cisu00e9 l'avocat.


http://chroniquedeguantanamo.blogspot.com/2007_06_01_archive.html
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Death Poem by Jumah al Dossari


"Prenez mon sang, prenez mon suaire et ma dépouille, prenez des photos de mon corps dans sa tombe, esseulé...
Envoyez-les au monde, aux juges, aux hommes de conscience, aux hommes de principe et aux justes...
Et laissez-les porter, aux yeux du monde, le fardeau coupable d'une âme innocente"

Un recueil de poèmes, publié en août aux Etats-Unis, donne la parole aux détenus de Guantanamo qui ont transmis à leurs avocats leurs textes parfois écrits avec de la pâte à dentifrice ou gravés sur des couvercles de tasses en plastique.
"Poems from Guantanamo. The Detainees Speak" (Poèmes de Guantanamo. Les détenus parlent) rassemble sur 84 pages 22 textes écrits par 17 prisonniers. Quatre ou cinq ont été libérés depuis, mais les autres font encore partie des 375 détenus du camp de Guantanamo ouvert sur une base navale américaine à Cuba dans les mois qui ont suivi les attentats du 11 septembre 2001. La plupart sont retenus depuis plus de cinq ans sans inculpation ni jugement.

Le recueil, édité par les presses universitaires d'Iowa (centre), a pu voir le jour grâce à un avocat Marc Falkoff et tous les textes, écrits en arabe et traduits par des traducteurs accrédités auprès du ministère américain de la Défense, ont été "déclassifiés" par le Pentagone.

C'est en commençant à recevoir des poèmes de ses clients que M. Falkoff, qui défend des détenus yéménites à Guantanamo, a eu l'idée de les publier. Il s'est rendu compte que d'autres avocats également recevaient de tels poèmes.

Tous les textes sortant de la base sont a priori considérés comme des menaces potentielles à la sécurité et doivent être analysés par les services du Pentagone qui choisissent de les retenir ou de les "déclassifiés" en les remettant aux avocats.

Durant la première année de détention, lorsque les prisonniers n'étaient pas autorisés à avoir de papier ni de crayon, certains de ces poèmes ont été écrits avec de la pâte à dentifrice ou gravés sur des couvercles de tasses en plastique à l'aide de cailloux, a raconté Marc Falkoff à l'AFP.

Les auteurs, qui pour la plupart n'ont jamais écrit de poésie avant, sont Saoudiens, Yéménites, Britanniques, Pakistanais.

"Aucun de ces textes n'a été écrit dans le but d'être publié dans ce volume. La plupart des détenus s'interrogent sur leur situation, sur la justice, confient leur désillusion de l'Amérique, parfois leur colère et surtout la nostalgie qu'ils ressentent", explique l'avocat qui s'est rendu une dizaine de fois à Guantanamo.

"Amérique, tu caracoles sur le dos d'orphelins/ Et tu les terrorises chaque jour./ Bush, fais attention./ Le monde reconnaît en toi le menteur arrogant", écrit Sami al-Haj, un ancien caméraman de la chaîne d'information arabe, Al-Jazira, encore détenu.

"Prenez mon sang, prenez mon suaire et ma dépouille, prenez des photos de mon corps dans sa tombe, esseulé,/Envoyez-les au monde, aux juges, aux hommes de conscience, aux hommes de principe et aux justes,/Et laissez-les porter, aux yeux du monde, le fardeau coupable d'une âme innocente", écrit de son côté Jumah al Dossari, 33 ans, détenu à Guantanamo depuis cinq ans, qui a tenté de se suicider en prison douze fois.

"Il y a deux moyens de faire entendre ce qui se passe à Guantanamo", résume Marc Falkoff. "Avoir un procès public, ce qui jusqu'ici a été refusé à mes clients. Ou publier ces textes, afin que le public puisse entendre la voix des détenus", ajoute-t-il.

Le recueil de poèmes a été tiré à 5.000 exemplaires. "Nous avons pensé que c'était un livre très important à publier", a indiqué Allison Thomas, porte-parole de University of Iowa Press.

"Nous sommes exactement dans le rôle de toutes presses universitaires, qui est de soutenir des idées engagées et de contribuer à porter à la connaissance du public l'information dont dépend la démocratie", a-t-elle ajouté.

Les profits du livre iront à un centre de défense des droits des détenus, le Center for Constitutional Rights, a précisé l'avocat.



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