une pluie verglaçante!
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Le verglas massif ou tempête de pluie verglaçante de 1998 (communément appelé la Crise du verglas au Québec) est une période de 5 jours de pluie en janvier 1998 dans l'est du Canada, la Nouvelle-Angleterre et le nord de l'état de New York à une température sous le point de congélation. Cette pluie s'est alors accumulée en une couche importante de verglas qui a entraîné des pannes de courant et d'importants dommages aux arbres dans toute cette région.
Mais le plus important c'est la solidarité entre les habitants et les différentes régions.
Maryse Lafleur <lafleur_maryse@ yahoo.ca> a écrit :
- LA CRISE DE VERGLAS
Il y a dix ans jour pour jour s'abattaient sur le Québec les premières averses de la tempête de pluie verglaçante qui a paralysé la Montérégie pendant un mois. Près de 100 millilitres d'eau transformés en glace, 1000 pylônes écroulés et 1,4 million de foyers privés d'électricité au plus fort de la crise. Moment d'angoisse collective, l'événement fut une véritable épreuve d'organisation, de solidarité, mais aussi de leadership politique, avec ses gagnants et ses perdants.Le 5 janvier 1998, les Québécois se sont réveillés dans un paysage féerique : une épaisse gangue de glace couvrait tout. Mais, une fois l’émerveillement passé, les problèmes ont commencé.
Une crise pour Hydro-Québec
Pour Hydro-Québec, la crise du verglas représente, 10 ans plus tard, beaucoup plus qu'un souvenir cauchemardesque. Ce cataclysme naturel a eu des répercussions économiques considérables sur la société d'État, qui aura, à la fin de travaux commencés dès 1998 et qui ne seront complétés qu'en 2011, dû investir environ deux milliards pour renforcer ses réseaux de transport et de distribution.Le rapport du comité d'experts mandaté par le conseil d'administration d'Hydro-Québec faisait état en août 1998 de la somme des dommages. Le réseau de transport, géré par TransÉnergie depuis les barrages jusqu'aux 500 postes à partir desquels s'alimente le réseau de distribution, s'étend sur une longueur de 32 000 km. La tempête de verglas a endommagé 116 de ses lignes et 3110 de ses structures se sont effondrées. Il s'agissait notamment de 1000 pylônes en acier. Il y avait aussi des milliers de transformateurs. Dans le cas du réseau de distribution, il y a eu 350 lignes endommagées et 16 000 structures (poteaux en bois) effondrées.Un désastre écologique
Près de 360 000 m3 de bois... un volume équivalant à 16 terrains de soccer sur cinq mètres de hauteur! C'est la quantité de bois tombée au sol -- de manière naturelle et après élagage -- à la suite de la tempête de verglas de janvier 1998!showBigBox() ;Paul-Émile Rocray, ingénieur forestier à la Ville de Montréal et, à l'époque, responsable avec Denis Marcil de l'inventaire et des opérations, commente les chiffres du recensement: «Sur un total de 447 000 arbres à Montréal, 252 000 ont été gravement touchés, 14 000 ont été abattus, 150 000 ont été élagués, etc. Un carnage écologique!» Il faut préciser que les charges de poids qu'ont dû supporter les arbres en quelques jours ont été 40 fois supérieures à la normale. Pas étonnant alors que les arbres à large feuillage tels que les frênes, les érables argentés, les micocouliers et les féviers aient été le plus touchés. Les arbres à la silhouette plus longiligne, comme les chênes rouvre, les peupliers de Lombardie et les chicots du Canada -- les champions de la résilience -- ont mieux résisté. Comme le roseau, ils ont plié, mais n'ont pas rompu.Le bilan en chiffres de l'immense chape de glace, qui atteignit en certains endroits 80 millimètres (3 pouces!) d'épaisseur, alourdissant parfois les arbres de quelque 25 fois leur propre poids, tomba quelques semaines plus tard: 17 700 km2 (1,8 million d'hectares), la superficie des forêts affectée au Québec; 66 %, la portion du territoire boisé où les dommages avaient été considérés comme moyens (30 %) et graves (36 %); 30 000, le nombre de propriétaires dont les forêts avaient été touchées. L'inventaire complété, il restait à voir comment les arbres allaient répondre aux blessures subies; quels seraient les effets sur leur croissance, leur forme, leur résistance à la maladie et leur longévité.Serait-il farfelu de parler d'une espèce de choc post-traumatique «végétal»? «Pas du tout, assure le chercheur. Un arbre qui cesse de vivre, ce n'est pas aussi clair que chez un animal dont l'absence de pulsations indique sans équivoque qu'il a cessé d'exister. Un arbre, ça meurt longtemps, ça meurt sans qu'on s'en rende compte, parce qu'il reste debout.»
Une chose est sûre: même si nos forêts semblent avoir bien traversé l'épreuve, l'accident climatique est d'ores et déjà inscrit dans les cernes du tronc de chaque sujet. Un dendro-chronologist e qui «carottera» ces arbres dans 100 ans verra chez les uns un ralentissement de croissance et chez les autres, un développement intense. En comptant bien les cernes, il déterminera à coup sûr la période «problématique» de 1998. Une visite aux archives lui apprendra le reste...
Une société entière s’est prise en main pour reconstruire ce que la nature avait défait, pour se débarrasser du verglas qui était apparu subrepticement dans la nuit du 4 au 5 janvier.Steve Flanagan, porte-parole d’Hydro-Québec, accompagne André Caillé lors de cette visite à Saint-Hyacinthe. «On est rentré très tard, se souvient-il. On roulait lentement sur l’autoroute 20. On voyait des lueurs partout. C’était des transformateurs qui sautaient.»
À ce concert surréaliste s’ajoute le bruit des branches d’arbres qui cèdent sous le poids de la glace dans un effrayant craquement. En tombant, elles entraînent avec elles des fils électriques. Le spectacle est particulièrement désolant entre le fleuve Saint-Laurent et la rivière Richelieu. Des routes sont bloquées. Devant cette situation, on ferme les écoles.Le mercredi 7 janvier, la tension monte d’un cran. Une trentaine de millimètres de pluie verglaçante s’ajoutent. Le vent se met de la partie. La situation est maintenant très sérieuse.«Ce soir-là, je suis rentré en taxi à l’hôtel, raconte Steve Flanagan. La ville était déserte. Il y avait des rubans jaunes partout. Le chauffeur, qui était libanais, a dit : C’est Beyrouth, mais sans les balles.»
Hydro-Québec fait appel à des équipes d’électriciens d’autres provinces et des États-Unis. Au total, 4000 monteurs de lignes et émondeurs ont travaillé à rebrancher le Québec. «Ce n’était plus un devoir, c’était de l’acharnement, dit André Caillé, visiblement ému par ces souvenirs. Je me souviens d’un monteur que j’ai vu un matin, vers 6 h, alors qu’il prenait son café. Il pleurait. Il m’a dit: Monsieur Caillé, j’ai rebâti un réseau il y a quelques jours et il est retombé. Je l’ai rebâti hier et il est retombé. Je m’en vais le rebâtir ce matin.» Les monteurs de ligne travaillaient 16 heures par jour.
Après consultation avec Ottawa, on décide de déployer des milliers de soldats pour aider les citoyens et les électriciens. Ils seront 11 000 dispersés dans la province.
Le Vendredi noirLa pire journée de la crise survient le 9 janvier. C’est le fameux «Vendredi noir». La journée commence par un orage. Puis, deux tronçons majeurs cèdent alors qu’une trentaine de pylônes d’acier de la Rive-Sud s’effondrent. La métropole ne tient plus qu’à une seule ligne à haute tension.On dresse un premier bilan. Il est lourd. Au total, trois millions de personnes ont été privées d’électricité au Québec, en Ontario et aux États-Unis. En cinq jours, il y a eu une trentaine de victimes. Le réseau électrique est endommagé sur 3000 km : 1000 pylônes en acier, 24 000 poteaux de bois et 4000 transformateurs ont cédé.
Le samedi 10 janvier, en soirée, on annonce que le nombre de Québécois sans électricité est passé de 1,4 million à environ un million. Mais beaucoup reste à faire. Il faudra encore des semaines pour rebrancher l’ensemble des Québécois.
Entre solidarité et exploitation
De plusieurs endroits au Québec et au Canada, les concitoyens ont fait preuve de générosité en faisant parvenir dans les zones sinistrées du bois pour le chauffage, des chandelles, des piles, des génératrices, des couvertures et diverses denrées. Les sinistrés étaient hébergés dans les écoles et les centres communautaires, parfois même dans des chambres d’hôtel mises à leur disposition. Évidemment, il s’est aussi trouvé certains commerçants qui ont abusé de la situation. Mais de façon générale, la générosité l’a emporté.
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À
Khalil Chami
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