Chanson d'exil...

Publié le par association afrika

CHANSON D’EXIL
Ida ou- Tanane for ever
jeudi date_jnum14 octobre 2004, par Atanane Aït oulahyane
 


Dans cette vallée hospitalière

Parsemée de rocs et d’oliviers

Sur les bords d’une tendre rivière

Mon doux village était dressé !

A l’ombre des montagnes fières

Nos humbles maisons en pisé

Dieu ! Elle était belle notre terre !

Nos champs de blé et mon vieux figuier !

Il y avait deux tours altières

Roses et belles comme des fiancées

Des paysans moissonnaient l’aire

Aux bras des gerbes toutes dorées !

Les femmes riaient dans la lumière

Et chantaient au soleil d’été

Des vieillards aux mines austères

Palabraient sous le caroubier

Il y avait une citerne en pierre

Où les jeunes gens se retrouvaient

Au gré des rires et des mystères

La langue du pays coulait

Sonore et pure comme l’eau claire

Des paroles qui chantent l’éternité !

Au loin on entendait un air La plainte d’une flûte s’élevait

Un sentier chargé de poussière

Menait vers la colline sacrée

De loin on voyait le dôme centenaire

Le tombeau du Saint vénéré

Veillant au repos du cimetière

Inspirant aux vivants la paix

On y adressait des prières

Et Dieu souvent nous comblait !

Le temps a fui, comme la rivière

Mon beau village je l’avais quitté

On m’avait dit de fuir la misère

Loin de mon pays bien aimé !

Mon cœur s’est habillé d’hiver

Oh ! Ma jeunesse ensoleillée !

Je rêve encore et j’espère

Boire un seul rayon de gaîté !

Mes amis que j’aimais comme des frères

Un jour je les avais quittés

Chacun son parcours solitaire

La vie nous a tous séparés !

Il ne reste plus que le cimetière

Et la blanche citerne desséchée

Mon village est devenu désert

Le tombeau du Saint fut oublié...

Il n’ y avait plus rien à faire

On devait bien s’en aller

Car là- bas seules les pierres

Demeurent et ne partiront jamais !

Pour embrasser une vie amère

Nous sommes devenus des immigrés

Là-bas seules les racines pleurent

Et s’accrochent à la terre sacrée

Je rêve encore et j’espère

Revoir mon village bien aimé

J’embrasserai les maisons et la terre

J’enlacerai mon vieux figuier !

Je visiterai le cimetière

Et le sanctuaire du Saint vénéré

Oh ! Mon Dieu ! Exauce ma prière !

Ramène- moi là où je suis né !

Atanane, Montpellier 2004

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.: Ida ou- Tanane for ever :.

     
 

[Atanane Aït oulahyane]
tifin.arts
Origninaire de la ville d’Agadir, Quartier industriel ; professeur de lettres modernes dans un lycée en France. Ancien élève du Lycée Youssef ben Tachfine d’Agadir. Artiste peintre et calligraphe amateur, ainsi qu’auteur de contes et de poèmes d’expression française qui s’inspirent de ma région, le Souss. Révolté par la marginalisation économique, culturelle et sociale que subissent les Imazighens du Sud Ouest marocain, c’est dans l’action culturelle que je trouve l’expression de cet idéal de reconnaissance, de démocratie, de progrès et de justice auquel aspirent tous les miens. Atanane.

 

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L
 commentaire recopié de mon blog 360 de mon ami Ahmed Yazigh de Midelt.AMIDOU Blog Entry: CHANSON D'EXIL...Tres tres bon poème d'un vrai poète.Il reflete dans des vers coulant tout l'amour qu'il a pour son douar(et mon Dieu tous nos douars au Maroc se ressemblent qu'ils soient du Sud , du Centre ou du Nord ils étaient tous beaux et paisibles et ou mlalgres leur simplicité il faisait bon d'y vivre dans un bonheur qui n'a pas de pareil).C'est ce qui fait crier notre poète toute la nostalgie qu'il eprouve pour une gaité et une insouciance a jamais perdues,et des amis qu'il ne retrouvera probablement plus .Bref un environnement humain qui a bien changé depuis qu'il a quitté son douar.Difficile la GHORBA meme si on était bien loti et meme si on etai...en France.Fasse Dieu qu'il exauce sa priere, Qu'il le ramene a sa terre ,celle de son pere et sa mere, Celle ou il a vu le jour et lumiere, Celle qui a portée ses soeurs et ses freres, Pour qu'il se farde de joie de sa poussierePour serrer son figuier et caresser ses pierres.Voilà mon voeux rimé que j'ai écris juste apres cette lecture qui m'a plu et m'a vraiment touché, tant nos compatriotes souffrent qu'ils soient ici ou ailleurs.mercredi,29/01/2008
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